23. nov., 2012

Sur Israël

Voilà bien un sujet épineux que de prétendre écrire sur Israël.

Typiquement celui qui va entrainer une bonne moitié à être farouchement contre l’autre.

J’aurais vraiment envie de réfléchir à ce qui fonde cette passion rendant impossible tout dialogue entre parties qui n’ont que leurs certitudes à opposer, mais il me faudrait écrire mille pages.

Il s’agit bien de cela, aucune place pour la confrontation d’idées.

Il n’est qu’à lire ce qui fleurit sur le net en ce moment, suite aux évènements tragiques entre le Hamas et Israël sur la bande de Gaza, pour en prendre la mesure. Des cartes géographiques affichent notamment,  en dépit de toute vérité historique, comment Israël aurait gagné de plus en plus de territoires au détriment des Palestiniens. Pour ceux qui se posent ce genre de question à laquelle je ne répondrais pas, je les invite à abandonner leurs fantasmes et d'aller sur cette toile qu’ils affectionnent tant (pourquoi pas Wikipédia), pour revoir la réalité historique, et essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé sur ce minuscule territoire depuis 5000 ans. Pourquoi, cette terre, ne constituant nation que depuis 1948, réclamée par les trois traditions monothéistes, est tellement déchirée et déchaine tant de passions.

Cette terre, pourtant fondée par un Livre, ne donne plus place à la parole.

 

Et plutôt que de continuer comme je ne puis le faire que piteusement, je préfère donner en partage les mots d’un homme qui n’est plus, mais dont la pensée reste comme une source fraiche intarissable ;

Edmond Jabès, dans le livre de l’Hospitalité écrivait ceci :

 

« Séparer les discours, pour mieux les cerner.

« Au discours antisémite est venu, petit à petit, se greffer le discours anti-israélien.

« Ce discours tente de montrer que chaque juif, au nom de son inconditionnel attachement à Israël, défendra toujours, sans réserve, la politique du gouvernement de ce pays, applaudira à ses décisions, les justifiera quoi qu’il arrive.

« Discours lourd de conséquences et qui tend à démontrer qu’un juif français, parce que juif, est plus Israélien que français. Donc étranger.

«  Ridicule, dira t-on. Et on aura raison.

« Cependant, une question s’impose à moi. Que veut signifier ce Quoi qu’il arrive ?

« J'y réponds, aussitôt car il se trouve que cette question est à l’origine de ma relation à Israël, qu’elle conditionne mes réactions, mes prises de position face à tout ce qui s’y passe et qui frise, parfois, l’intolérable.

« Au nom de quoi ? Au nom, peut-être, de ma solidarité avec son peuple dont le visage est, aussi, le mien, dont les hommes et les femmes ont mon âme et parce que leur avenir est plus menacé que le mien. Au nom, enfin, d’une inquiétude accrue et d’une conviction, que je ne saurais totalement exprimer, mais qui se résume à ceci : Jamais la blessure ne guérira la blessure. Conscient, néanmoins, de la fragilité de cette parole ; attentif, seulement, à son tremblement ; parole ne prenant appui que sur elle même et qui ne peut ni s’imposer ni contraindre mais qui pourrait convaincre, si elle était écoutée.

« Souscrire d’avance, à la politique du gouvernement en place de l’Etat hébreu, n’est-ce-pas réduire, chaque fois, l’image du pays à celle de sa politique du moment ?

« Et si, dans mon for intérieur, je pense que cette politique est détestable, dangereuse, néfaste, pour cet Etat, dois-je me taire ?

« Me taire, au nom de quoi ?

« Me taire serait, d’une certaine manière, approuver, par mon silence, ce qui me heurte et me révolte ; ce, au surplus, que je dénonce et condamne ailleurs.

« Et ce serait une trahison.

« Une parole solitaire ne dit, d’abord, que la solitude dans laquelle elle se débat.

« Mais si cette parole est celle qui sauve, intime parole, à la fois de douleur et de raison ; parole d’appel ? Alors, que cet appel, prive d’échos, rejoigne celui de ces lucides militants, groupés autour de deux mots solaires : Justice et Paix.

« Deux mots, dépendants l’un de l’autre, comme les deux battants d’une même porte. Puissent Israéliens et Palestiniens, ensemble, ouvrir largement cette porte, pour y laisser entrer le jour.

« Simplifier le discours.

« L’axer sur l’essentiel.

« La force est une dangereuse illusion. L’oublier, c’est refuser de regarder la réalité en face.

« A quelle réalité fais-je allusion ? A celle qui déchire un pays sans espérance mais qui, pour sa survie, continue d’espérer.

« Que les Palestiniens, unis derrière le porte-parole de leur choix se fasse entendre, par sa voix autorisée. Que les Palestiniens qui n’ont pas de porte-parole se fassent entendre par leurs blessures. Que les Israéliens qui savent qu’il n’y a, pour eux, d’issue que dans le dialogue, se mobilisent.

« Sans appréhensions ni détours.

« Avant qu’il ne soit trop tard.

« Celui qui accepte le dialogue n’est plus un ennemi.

« La chance de tout dialogue est dans le dialogue même.

« Ne le perdons pas de vue.

« Notre responsabilité nous le dicte. »

Commentaires

25.11.2012 19:17

claire

C'est un beau discours mais très utopiste malheureusement !!! Le dialogue a été mainte et mainte fois tenté mais a t il réussi ? Non !

26.11.2012 14:51

Rémy

Il y a t-il une autre solution ? Non bien sur, se résigner à la violence c'est adopter la même attitude que celle du Hamas. Continuons sans relâche pour la paix

24.11.2012 23:02

Pascal

Si clairvoyant ! Hommes de bonnes volonté, construisez au lieu de détruire, écoutez au lieu de discourir, apprenez la vie de l'autre, cultivez l'altérité...

24.11.2012 09:18

PE Vola

Quelle place au dialogue, là où la passion règne en maître, où les victimes de l'Histoire se font face, en exhibant leurs plaies, rameutant tous les "sauveurs"

23.11.2012 17:01

dominique

ce devrait être ça : être juif, être français, être paslestinien... peu importe, mais être juste!! et tes mots le sont... bravo

23.11.2012 12:47

Nelly

Bonjour Rémy,
Merci pour ces lignes.

Une voie pour dire et essayer de construire:
http://www.jcall.eu/Qui-sommes-nous.html?

20. nov., 2012

Quelle époque formidable !

Quelle époque formidable nous vivons !

Hier je tambourinais contre le sort que nous réservions aux Roms,  même si, comme l’écrivait à leur propos l’excellent Gaspard Proust « Les Roms; Pour des gens du voyage, que de chichis à l'idée d'un déplacement... »🙂 , aujourd’hui je m’excite à nouveau à contempler les images de ces délicieux patriotes courageusement masqués pour la majorité d’entre eux, déchainant leur haine  contre les homos qui défilaient et ces adorables créatures à demi-nues, militantes du Femen.

Je me disais que nous devions aller bien mal, pour en arriver là. Frapper sa femme, soit, mais des jolies filles qui ont le bon goût de se dénuder, tout de même, faut-il être bête… 🤪

Je plaisante, je plaisante, essayant de lutter comme je peux avec mes maigres petits mots contre cette haine que je sens sourdre en moi devant ces brutes lâches, ersatz d’humains, chairs de nazillons à cerveaux barbares d’inquisiteurs moyenâgeux. Mais comme la haine contre la haine n’a jamais faite ses preuves, tant pis pour vous, je me défoulerai ici.

 

Quelle époque formidable !

Parfois j’ai envie d’éteindre tous les volumes qui transmettent ces informations insupportables et m’expatrier dans une campagne isolée et loin de ce monde de fureur et de bruit.

De fureur… Le führer portait bien son nom n’est ce pas ?

Le nazisme serait-il de retour déguisé cette fois en extrémistes religieux ou en biens pensants d’une caste qui ne reconnaîtrait plus que sa norme ? Caste, dont ses représentants n’hésitent pas à frapper les plus faibles sous le seul prétexte d’une différence de préférence sexuelle, ou d’accès aux droits du mariage ?

Tout ça pour ça ?

On pourrait presque se demander si cette religion de l’argent, qui règne en maître absolu sur le monde, ne serait pas à la source de toutes ces expressions de violence d’une humanité qui aurait perdue tous ses repères. Plus de morale, la vraie, celle qui prône la tolérance et l’amour du prochain, pour faire la place aux moralistes inquisiteurs bien pensants qui brûlent les sorcières impunément devant la foule...

Si le diable existe, il doit se frotter les cornes devant cette catégorie d’humains qui résiste continuellement aux messages de paix et d’amour, visant à améliorer à la fois l’homme et la société.

 

Il y a quelque chose qui m’a toujours profondément choqué face à cette capacité d’interprétation humaine passionnée par le contre-sens. Un exemple frappant, qui n’est pourtant pas ma culture, (je n'ai aucune religion) en sont les évangiles. Ce pacte neuf passé entre l’homme et son D.ieu unique. Que l’on soit d’accord ou pas avec celui-ci, que l’on y croit ou pas, qu’il soit vérité ou pas, d’ordre divin ou pas, peu importe, il concerne aujourd’hui près d’un milliard et demi d’individus, ce n’est pas rien, et personne ne pourrait dire que ce texte  n’est pas un merveilleux message d’amour.

On y prône la non violence, la compassion, le pardon, la compréhension, Jésus allant jusqu’à sacrifier sa vie pour sauver l’homme. Quel beau symbole n’est ce pas ? (Quel dommage que les chrétiens n'appliquent pas le christianisme..)

Mon propos n’est pas, bien entendu, d’adhérer ou pas à ce message, ni à son caractère messianique fondé ou non, mais juste d’essayer de comprendre. Comment a t-il été possible sur cette base là, sur le fondement de ce texte d’amour, de trouver justification aux pires crimes (qu'est ce qui est pire que tuer au nom de l'amour?).

Comment on a pu tellement tuer, exterminer, envahir, haïr, rejeter  ??!

Comment l’église a pu tellement laisser dériver le sens de ce texte? Des écrits qui répètent ce commandement essentiel, le premier d'entre tous, après la reconnaissance du D.ieu unique, le plus important, le plus élémentaire, celui qui fonde, qui ordonne; « Tu ne tueras point » Puis ceux qui rajoutent ; « Tu ne jugeras pas, tu aimeras ton prochain comme toi-même »  etc etc.. (Pour les lecteurs intéressés, le livre dont nous parlons est facilement disponible en librairie, c’est même un best seller 😉 )

Pendant combien d’années, de centaines d’années, certains catholiques ont exterminé leurs prochains sur les fondements d'un message  interprété à l’envers ?  

Les islamistes intégristes d’aujourd’hui ne sont ni plus ni moins, les inquisiteurs de l’église catholique d’hier. Le Coran, ou la Torah, réclament un certain niveau d’interprétation et d’études qui pourrait les rendre moins facile à assimiler, raison pour laquelle je choisis sciemment le message du Nouveau Testament. Car ce n’est pas le cas des évangiles, qui prônent l’amour de façon simple et intelligible au premier degré. Etant bien entendu, que mon but n’est surtout pas de hisser un message plus haut qu'un autre, mais juste d’essayer de comprendre les mécanismes de fonctionnement de certains cerveaux malades.

Ainsi comment ? Comment tuer, nuire, jalouser, et cela parfois à peine sorti sur les parvis de l’église ? Comment être raciste, antisémite ou islamophobe, juste après la communion symbolique avec ce D.ieu d’amour ?

A cette question je n’ai aucune réponse, et sûrement pas non plus, celle de la fatalité qui voudrait nous faire imaginer que l’homme est définitivement mauvais et qu’il n’y aurait rien à faire.

L’homme n’est pas plus mauvais qu’il n’est bon. Ce n'est qu'une éponge radio qui reçoit et transmet, en faisant des petits pas en avant de temps en temps lorsque la diffusion est de mauvaise qualité.

Cette question ne se réduit pas bien entendu à la seule problématique religieuse. En lisant Marx par exemple, on se demande bien à quel moment l’esprit de ses écrits se retrouve dans les actions meurtrières de Staline ou de Pol Pot ou de nombre d’autres tyrans se cachant derrière un auteur ou un créateur pour justifier leurs atrocités.

Cessons là, on n’en finirait plus des comparaisons, tant elles sont nombreuses, face à cette caractéristique humaine, cette capacité  de détournement de textes et de sagesses qui prônent le bien pour tous, au profit unique de l’usage d’une doctrine au bénéfice d’un petit nombre d’individus.

L’altruisme au service de l’égoïsme, il fallait le faire.. L’homme l’a inventé.  

Peut-être finalement que l’ultra libéralisme, nouvelle religion mondiale, de cet Homo œconomicus est en passe d’arriver à l’apothéose du contre sens, en laissant aller aussi doctrinairement que les religions, cette part sombre de la nature humaine, faite d’égoïsme et d’avidité.  Cette nature, que les religions et les différentes sagesses humaines, ont toutes, plus ou moins essayé, de maîtriser, d’améliorer, par des codes de conduite de vie sans finalement jamais y parvenir.

Peut-être le déclin a t-il commencé depuis la mort de D.ieu annoncée par Nietzche ? Et l’émergence de ce nouveau dieu au nom de Fric ? Je ne sais pas, je peux seulement exprimer que ce que je vois ne me plaît pas, car peu gage de paix et d’harmonie pour l’avenir, et que tout cela ne devrait pas durer indéfiniment dans cette voie.

Et si cela finissait mal, cela serait vraiment idiot d'être aussi prévisible n'est-ce pas ?😥

 

 

je ne résiste pas au plaisir de rajouter ce qu'écrit Michel Serres sur le mariage gay, c'est édifiant..;

"Cette question du mariage gay m'intéresse en raison de la réponse qu'y apporte la hiérarchie ecclésiale. Depuis le 1er siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c'est celui de l'Eglise, c'est la Sainte Famille. Mais, examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n'est pas le père : Joseph n'est pas le père de Jésus, le fils n'est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n'a jamais fait l'amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge. La Sainte Famille, c'est ce que Levi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l'adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l'impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l'adoption. L'Eglise, donc, depuis l'Evangile selon Saint-Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l'adoption : il ne s'agit plus d'enfanter mais de se choisir. A tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez jamais parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant "je t'ai choisi", "je t'adopte car je t'aime", "c'est toi que j'ai voulu". Et réciproquement : l'enfant choisit aussi ses parents parce q'il les aime. De sorte que pour moi, la position de l'Eglise sur ce sujet du mariage homosexuel est parfaitement mystérieuse : ce problème est réglé depuis près de 2000 ans. Je conseille à toute la hiérarchie catholique de relire l'Evangile selon Saint-Luc, ou de se convertir."

 

Commentaires

20.11.2012 21:32

Pascal

Rémy, quand ça ne va plus, je me mets à la place des handicapés... c'est bon pour le moral et au moins, je suis toujours bien garé...

20.11.2012 21:18

Pascal

Il y a quand même deux notions que tu ne maîtrise pas bien : la religion et l’interprétation des textes et cette idée du déclin. (Augmente la z commentaires...

20.11.2012 21:13

Pascal

Définitivement,je trouve pas normal d'être à ce point d'accord avec toi, si on ouvrait le débat sur Gaza...

20.11.2012 14:38

marie

Arrête de regarder les infos et tout ira mieux. Tu ne changeras pas les hommes. L''essentiel c'est de croire que le monde n'est pas totalement pourri

20.11.2012 14:21

dominique

Prends la religion comme une idéologie au service d'un pouvoir totalitaire... et tout s'explique...

17. nov., 2012

Foi ou croyance ?

J’ai beaucoup de difficultés avec la croyance.

Qu’elle soit religieuse ou pas. Elle me semble inversement proportionnelle à toute forme de vérité. Elle ne laisse aucune place au doute. Elle se met en jeu, dès lors que nous ne voulons ou ne pouvons pas vérifier, ce que nous affirmons ainsi aveuglément. Nous n’avons pas besoin de croire ce qui est, puisque cette existence même nous dispense de sa croyance. 

Par contre, nous croyons parce que nous l’avons décidé et seulement ainsi. C’est donc obligatoirement une action de l’esprit, contrairement à la Foi, qui elle aussi, comme la croyance, s’applique à l’invérifiable, mais venant d'une autre source que l'esprit.

La croyance, lorsqu’elle est religieuse, dogmatique, trouve son paroxysme en étant vectrice des pires atrocités. Il suffit de faire le bilan des deux milles dernières années pour comptabiliser les horreurs humaines qu'elle a pu produire au service des dogmes religieux ou des doctrines politiques.

Les plus grands croyants de l’histoire n’ont-ils pas été d’ailleurs les plus grands pourvoyeurs de génocides ?

L’immense écrivain Edmond Jabès écrivait ceci :

« Ils prétendaient servir Dieu et mettaient Dieu à leur service. 
Et le sage dit :"Ne l'as tu pas remarqué? C'est toujours au nom d'un dieu-ou d'une idée-de justice et de bonté que l'on assassine, oubliant qu'abattant un homme innocent, on abat à la fois, dieu et l'idée" »

 

La Foi, souvent fiancée de force avec la croyance, n’est pas de la même nature. Elle ne s’impose pas à notre volonté, mais s’en manifeste indépendamment, comme avec une sorte de fatalité. Contrairement à la croyance qui n’admet pas le doute, la Foi émane du cœur, de l’être, et cohabite justement avec ce doute produit de la raison qui devient ainsi sa force équilibrante.

 

Le doute, voilà bien le grand absent inattendu de notre époque moderne.  Car bizarrement, jamais l’homme n’a eu autant de moyens d’informations à sa disposition. Le savoir humain est à sa portée immédiate par la magie de l’internet. Plus besoin d’années de recherches et de voyages à travers les temples dispersés de la connaissance, tout est désormais à sa proximité d’un click.

Trop d’informations a peut-être tué l’information de cette génération de souris que nous sommes qui ne prend plus le temps de la recherche et de la réflexion, temps nécessairement laborieux, en avalant avec gloutonnerie les images et jugeant et condamnant à la vitesse de l’éclair.  

La croissance à nos chimères est proportionnelle à la vitesse avec laquelle nous faisons défiler les pages virtuelles. La Connaissance si proche de nous n’a ainsi paradoxalement peut-être jamais été aussi éloignée.

 

Etrange bestiole que cet humain de peu de Foi..

Commentaires

20.11.2012 18:19

helene lemaire

et dans ce monde où l'on consomme tout, vite, y compris l'info prise pour la connaissance, tu as raison la foi, d'un autre ordre est en crise, en quête de coeur

19.11.2012 12:04

Rémy

Ascolti Radio Maria é fai i tortellini ? Mi fai paura adesso ! Arrivo subito a Bologna ! Baci baci

19.11.2012 11:17

valeria

sono assolutamente d'accordo con te.....in questi giorni sto ascoltando con interesse Radio Maria (l'avresti mai detto?!) e sto imparando moltissime cose...

17.11.2012 14:58

Régine Zambaldi

Oui, Rémy!C'est peut-être aussi parce qu'abreuvés d'images, engloutis sous les informations tout azimut, nous n'avons plus le temps de nous interroger...

6. nov., 2012

L'arcobaleno, l'histoire étrange d'une chanson posthume..

Vous connaissez mon amour pour Lucio Battisti dont je vous ai parlé dans un de mes derniers blogs.

En lisant une biographie sur cet homme magnifique à l’âme si pure, je me disais que les âmes trop belles étaient arrachées au monde plus vite que les autres, un peu comme si trop de pureté ne pouvait s’accommoder longtemps de l’ici bas.

Dans cette biographie, j’apprenais cette histoire étrange survenue à son parolier après sa mort, récit que je voudrais partager avec vous.

Une histoire comme une belle légende que l’auteur G. Salvatore nous livre comme réelle.

Lucio avait composé pendant quinze années jusqu’à sa mort en étroite collaboration avec Mogol qui était son parolier.

Une collaboration qui dépassait de loin leur relation professionnelle, tant leur amitié était sincère et quasi fusionnelle.

Mogol est resté longtemps inconsolable de la perte de son ami emporté  trop jeune par la maladie.

Après la mort de Lucio, une artiste peintre vivant en Espagne, médium occasionnelle, contactait la secrétaire de Mogol, Daniella, pour lui faire part d’une étrange vision qu’elle avait eu concernant Battisti.

Le18 septembre qui suivait l’enterrement de Lucio, alors qu'elle se trouvait dans sa salle de bains, elle avait eu la vision d’un arc en ciel qui partait du miroir et formait un arc jusqu’à un meuble blanc à l’autre bout de la pièce. Au cours de cette apparition elle recevait mentalement la voix de Battisti qui lui disait qu’il voulait une chanson qui porterait le nom d’arc en ciel, qui devait être une chanson simple, dont la mélodie ne devrait être basée sur seulement deux notes.

Elle avait été interloquée par cette vision, mais n’en fit pas cas.

Ce fut seulement lorsqu’elle subit une autre manifestation qu’elle se décidait à prendre contact avec la maison de production de Lucio.

Un jour où elle se promenait en ville, elle entendit de nouveau la voix de Lucio, qui lui demandait d’entrer dans la librairie toute proche  (dont le nom était "Azur"), une fois à l’intérieur de se rapprocher du présentoir juste après l’entrée et de prendre sur l’étagère le premier livre qu’elle trouverait qui porterait le nom « Un autre arc en ciel ».

Il y avait effectivement bien un livre qui portait ce titre. Elle en fut tellement troublée qu’elle se décidait alors à prendre contact avec le bureau du parolier.

La secrétaire de Mogol enregistra cette conversation téléphonique à la demande de la médium et fit part à son patron de cet étrange appel. Mais ce dernier, sceptique convaincu, refusait d’écouter ces élucubrations, il n’en parla jamais à personne et finit par oublier cette étrange histoire qui  ne pouvait qu'être le fait d’une déséquilibrée.

 

Pourtant quelques mois après, dans un article du mensuel "Diners Club", le directeur de cette revue, racontait avoir fait un rêve étrange, où par une nuit de septembre, il disait avoir rêvé de Lucio Battisti, apparu avec le visage de ses vingt ans, et surmonté d'un énorme arc en ciel partant de ses épaules. Dans ce rêve Lucio s’adressait à lui.  Chacune des paroles retranscrite dans l’article, évoquait une conversation intime qui avait eu lieu entre le parolier et le chanteur, dont personne, à part Mogol lui-même, ne pouvait avoir connaissance, échange que Battisti avait eu effectivement quelques années avant de mourir où Lucio évoquait à son parolier son ardent désir d’amour universel et une invitation à fuir les fausses idoles.

Le scepticisme de Mogol commençait sérieusement à vaciller.

 

Peu de temps après,  alors que Mogol se trouvait dans la maison de Celentano, il fit part à ce dernier de cette étrange histoire, évoquant ces deux messages reçus par ces deux personnes qui ne se connaissaient pas.

Très troublé, il finit par dire, qu’il n’écrirait cette chanson, que si le destin lui présentait une mélodie vraiment adaptée. Gianni Bella, compositeur, présent ce jour là chez Celentano, lui remit aussitôt une cassette qui contenait la mélodie d’une chanson, encore sans texte.

Cette mélodie, oscillait justement seulement sur un groupe de deux notes..

Mogol eut l’intuition que c’était la bonne.

A peine parti de chez Celentano, il introduisit la cassette dans le lecteur de sa voiture, et comme au bon vieux temps avec Lucio, il dictait le texte d’un trait à son épouse Roberta qui était à son côté.

En un quart d’heure, sans interruption du début à la fin, surgissait les paroles «d’Arcobaleno ». 

 

Pourtant il y avait un verset, celui qui exprimait l’espoir que l’arc en ciel réussisse à le toucher, qui le laissait perplexe, un peu comme s'il ne l'avait pas écrit lui même..

Au moment même de la création de cette phrase, il se demandait en lui même, « mais d'où me vient cette étrange idée, comment un arc en ciel pourrait-il me toucher ? »

La réponse ne se fit pas attendre, la semaine suivante, alors qu'il quittait Rome pour sa maison d'Ombrie, toujours en voiture avec sa femme Roberta, un événement fut déterminant dans l’aboutissement de cet étrange projet.

Une pluie fine commençait à tomber. C’était une fin d’après midi de printemps, vers six heures du soir, au coucher du soleil.

Sur le côté gauche de la route, se levait un arc en ciel très clair, parallèle à leur trajectoire, puis juste après, un autre qui partait de la droite. On aurait dit que ces arcs en ciel les escortaient. Tout doucement, l’arc en ciel de droite commença à glisser sur l’asphalte jusqu’à aller finir sa trajectoire sur leur voiture, comme un visage de couleurs qui éclaboussait le capot.

Le visage coloré s’arrêtait là, comme en attente, pendant quelques kilomètres. L’effet était hypnotique.

Ce qui restait de son scepticisme s’effondrait totalement.

 

Adriano Celentano choisi comme interprête, ne se sentait pas d’affronter cette chanson.  Il n'arrivait pas à la chanter sans sanglots dans la voix. 

Finalement, une nuit vers trois heures du matin, il sautait brusquement du lit et allait l’enregistrer dans le studio qu’il possédait à son domicile, en une seule prise, pas une de plus, à cause de sa voix brisée par l’émotion.

 

 

Pendant un an, Mogol ne dit rien à personne tant il restait sceptique, perplexe et peut-être aussi, il faut bien le dire, effrayé. Il ne voulait surtout pas que quelqu’un puisse imaginer qu’il serait en train d’inventer un délire pour la promotion de l’album de Celentano. (Cela aurait été inutile, car la chanson, « je ne sais pas parler d’amour » se vendra à plus d’un million d’exemplaires).

Si on lui avait posé la question, il aurait nié farouchement que cette chanson faisait référence à Battisti.

Mais au fond,  pour cette fois comme dans le passé, Mogol n’avait rien fait de plus que ce qu’il avait réalisé avec Battisti de son vivant pendant les quinze années les plus belles de sa vie, lorsqu’il lui composait les paroles de ses chansons; traduire en rimes ce que Battisti lui exprimait.

Surtout, que dans ses textes il y avait toutes les histoires personnelles de Lucio, ses amours, sa vie, et ses paroles n’étaient que la mise en mots de ces mélodies qui jaillissaient de Lucio comme une source, un don.  

Comme la casserole pleine d’or dans les fables qui est cachée sous la terre, et que la légende localise au point où finit la course de l’arc en ciel...

 

Tiré du livre de G.Salvatore, « L’arcobaleno, Storia vera di Lucio Battisti »

 

Paroles "d'Arcobaleno" chantée par Celentano

 

"Io son partito poi così d'improvviso
che non ho avuto il tempo di salutare
istante breve ma ancora più breve
se c'è una luce che trafigge il tuo cuore
L'arcobaleno è il mio messaggio d'amore
può darsi un giorno ti riesca a toccare
con i colori si può cancellare
il più avvilente e desolante squallore

Son diventato se il tramonto di sera
e parlo come le foglie d'aprile
e vivrò dentro ad ogni voce sincera
e con gli uccelli vivo il canto sottile
e il mio discorso più bello e più denso
esprime con il silenzio il suo senso

Io quante cose non avevo capito
che sono chiare come stelle cadenti
e devo dirti che è un piacere infinito
portare queste mie valige pesanti

Mi manchi tanto amico caro davvero
e tante cose son rimaste da dire
ascolta sempre e solo musica vera
e cerca sempre se puoi di capire

Son diventato se il tramonto di sera
e parlo come le foglie d'aprile
e vivrò dentro ad ogni voce sincera
e con gli uccelli vivo il canto sottile
e il mio discorso più bello e più denso
esprime con il silenzio il suo senso

Mi manchi tanto amico caro davvero
e tante cose son rimaste da dire
ascolta sempre e solo musica vera
e cerca sempre se puoi di capire
ascolta sempre e solo musica vera
e cerca sempre se puoi di capire"
 

Commentaires

01.12.2014 13:47

Remy

Merci Patrick pour votre commentaire. Bien cordialement. Rémy

01.12.2014 13:31

Patrick Massiah

Merci de cette magnifique histoire. Cette chanson m'a bouleversé et ne me quitte pas depuis que je l'ai découverte il y a 3 ans....

16.11.2012 19:10

Rémy

Marie, merci mille fois de ton intérêt, j'ai beaucoup de travail et j'ai un peu délaissé mes lectrices et mes lecteurs, je promets que je vais m'y remettre

16.11.2012 17:25

Marie

10 jours sans écrire..... notre écrivain est il en manque d'inspiration ? Snif, snif....

06.11.2012 10:59

Régine Zambaldi

Belle et étrange histoire, en effet! Suis d'autant plus "touchée" que j'ai une relation particulière avec les arcs en ciel!

06.11.2012 11:08

Rémy

Il y a tant de choses que nous ne comprenons pas, que nos rationalités où l'excès de matérialisme et la fureur de nos vies nous empêchent d'approcher.Pourtant.?

6. nov., 2012

Samu social tri sélectif...

Je suis enragé. Pas d’humeur. Le genre de soir où il me prend une grosse envie de m’exiler ailleurs que dans une grande ville. Dans un lieu plus calme, loin des excès de la cité, des politiciens véreux et incapables, du clientélisme, de la misère contre laquelle on ne peut rien ou presque.

Dans ma rue de bourge, il y a depuis quelques semaines une SDF.

D’apparence assez âgée, elle porte de jolies chaussures en sacs plastiques de supermarché et arpente en grognant le pavé.

J’ai appelé à plusieurs reprises le Samu Social.

A chaque fois, le même cérémonial ;

«  vous lui avez parlé ? »

« Oui Monsieur. »

« Vous lui avez demandé si elle voulait qu’on vienne la chercher ? »

« Oui Monsieur, mais elle n’est pas en état de me répondre, cette dame est à l’évidence incapable de répondre à quiconque, elle ne se laisse pas approcher, et s’éloigne en vociférant. »

« Alors pas la peine qu’on se dérange, nous on ne prend que les gens consentants. »

 Certes, j’avais compris, mais cette dame, elle est dehors, âgée et à moitié folle. Le mistral souffle fort ce soir, la nuit va être glacée, et ce n’est pas le minuscule gilet sur lequel elle cramponne ses doigts, ni ses Weston en Phtalate, qui vont la réchauffer.

Peut-être devrais-je lui conseiller un jogging pour ne pas céder au froid ?

Et  parce que j’insiste trop, je me fais agresser par l’aboyeur du Samu qui en a assez de mon insistance, et qui oublies le sens de sa mission censée être au service des abandonnés, de ceux qui n’ont rien choisis, sûrement pas de rester seuls dans la nuit et le froid, ceux qui devraient surtout être à l’asile.

Quel beau mot que celui-là, l’asile. Une île, un radeau à l’écart pour reprendre une respiration, à l’écart de ces villes qui te laissent te noyer dans l’indifférence.

Alors j’ai haussé le ton, je suis devenu un ignoble loup gueulard qui n’avait plus que la violence verbale contre la connerie du type, son inhumanité et son absence de compassion, impensable de ce côté là du rivage. Mon cœur s’est mis à battre la chamade, en face de lui j’aurais manqué de retenue.

Je lui en veux autant que je m’en veux de ce qu’il a fait naître. 

Ce soir je suis en rage.   

Commentaires

06.11.2012 21:50

marie

cela fait mal de voir des gens dans la rue par temps de grand froid mais malheureusement on ne peut les forcer à s'abriter et beaucoup préfèrent rester dehors